Présentation

MRIT : Management Responsable, Institutions et Territoires

Le groupe est animé par Anne Loubès et Jean-Marie Courrent

L’axe management responsable institutions et territoires se construit à partir des travaux de recherche des chercheurs d’MRM qui s’inscrivent dans les thématiques DD/RSE et Territoires. Il se situe dans la continuité des travaux réalisés par les membres de l’axe MRM Développement Durable et qui ont donné lieu au programme ANR GEODD (Gouvernance des Entreprises, Organisations et Développement Durable). Le rapport final a d’ailleurs été remis en 2015 par Palpacuer, F. et Naro ; G. « Gouvernance d’Entreprises, Organisations, et Développement Durable », à l’Agence Nationale de la Recherche pour le programme GEODD ANR 2010 BLANC 1807 1.

Depuis 2015, le nouvel axe management responsable institutions et territoires se focalise sur toutes les approches qui relient les organisations au développement durable tout en intégrant de nouveaux espaces. Ainsi il nous a semblé opportun d’investiguer les dynamiques managériales souvent paradoxales qui s’élargissent à l’espace territorial. Il s’agit donc de repérer, d’identifier et de comprendre l’intégration du territoire en sciences de gestion et plus spécifiquement les enjeux et difficultés ce mouvement. L’ouvrage collectif publié en 2015 « Ressources Humaines, RSE et territoires : Défis théoriques, réalisations pratiques », Collection Recherche de l’AGRH- Vuibert permet d’identifier certains contours théoriques et empiriques tout en ouvrant de futures perspectives de recherche.

L’axe MRIT accueille tous les chercheurs d’MRM qui s’intéressent au Développement Durable et par là même, au management responsable. La responsabilité de l’entreprise signifie de gérer les conséquences environnementales de son activité ainsi que les effets sociaux et sociétaux de sa production. Le développement du paradigme de la responsabilité irrigue dorénavant les organisations, les conduit à prendre en compte et à s’ouvrir à leurs parties prenantes. Bien sûr, le territoire devient depuis quelques années une partie prenante à part entière de l’entreprise responsable. Mais au delà, il s’institutionnalise en offrant un lieu potentiel de régulation. L’ouverture à cet espace, souvent cité comme corollaire de la mondialisation, nous conduit à comprendre et à participer à la construction d’innovations sociales en intégrant les contradictions dont elles sont porteuses.

La particularité de cet axe est donc d’associer la dimension territoriale de la RSE. La notion de territoire est transversale, pluridisciplinaire, sa définition peu stabilisée, entre le territoire donné et le territoire construit. Elle peut réunir à elle seule, tant les acteurs publics et privés, que la société civile incluant les salariés/ habitants. L’action sur les territoires ne peut pas simplement s’évaluer au regard des externalités produites par et pour les acteurs économiques, elle doit aussi être envisagée au regard du bien commun.

Les logiques de gouvernance et d’institutionnalisation de ce nouveau champ ouvrent de très nombreuses perspectives de recherche au croisement du management et de la société. Avec la prise en compte du territoire comme un nouvel espace des dynamiques RSE toutes les disciplines des sciences de gestion peuvent être percutées.

Cet axe permet aux chercheurs d’MRM d’accroître la transversalité de leurs travaux en intégrant ces notions dans le vaste champ des sciences de gestion. Nos regards croisés ont pour vocation le dépassement des approches disciplinaires pour mieux définir et questionner la notion de responsabilité. Ils reposent sur l’enrichissement progressif de travaux de synthèse sur la prise en compte des dynamiques RSE et territoires dans les différentes disciplines des sciences de gestion.

Au delà des thématiques de recherche fort stimulantes et innovantes des chercheurs du laboratoire qui s’investissent dans cet axe transversal, les enjeux sociaux et sociétaux qui sont couverts sont importants. Dans cet axe transversal d’MRM, la posture du chercheur est de répondre aux questions posées par nos sociétés, de comprendre les buts fondamentaux des organisations dans leurs missions sociétales et d’œuvrer au développement de champs institutionnels nouveaux.

L’axe est dirigé par Jean-Marie Courrent et Anne Loubes. Les recherches menées au sein d’MRM sur les enjeux de Responsabilité Sociale des Entreprises et de Développement durable concernent toutes les disciplines de gestion et un grand nombre de chercheurs. Or l’organisation de l’axe RSE et DD retenue au cours de la période passée (3 ou 4 réunions annuelles dédiées à la présentation de travaux dans une optique de fertilisation croisée) a certes permis d’atteindre les objectifs du point de vue qualitatif (davantage de publications dans des revues mieux classées), mais n’a mobilisé qu’une partie des chercheurs potentiellement concernés (une quinzaine), qui ne représentent, par ailleurs, que certains groupes disciplinaires du laboratoire. L’objectif poursuivi pour la période qui s’ouvre est moins d’augmenter le nombre de participants que d’améliorer la pluridisciplinarité et la transversalité des travaux. Dès lors, il apparaît pertinent de faire évoluer l’organisation de l’axe vers une logique de projet (fédérer les chercheurs sur des appels à projets de type ANR, par exemple), en se recentrant sur une problématique partagée : la transition écologique. Ainsi, alors que les travaux menés dans les deux autres axes du laboratoire traitent d’enjeux managériaux spécifiques à des contextes sectoriels (celui des organisations de santé ; celui des entreprises du secteur agricole et agroalimentaire), l’axe « Management responsable » s’attachera à travailler sur les enjeux managériaux liés à un contexte sociétal et politique : celui de la transition écologique.

Il s’agit, autour d’un ou plusieurs projets communs, de mobiliser tout ou partie des chercheurs impliqués par ailleurs dans les thématiques en lien avec la RSE et le DD dans leur groupe disciplinaire, dans une optique de synergie avec les travaux des groupes. Ainsi, les questions suivantes seront privilégiées :

  • Pour la dimension Comptabilité, la transformation du reporting dans les organisations en réponse à la transition écologique, mais également aux transitions sociétale et digitale induites (nouvelles attentes des parties prenantes en matière de communication comptable et extra-financière et nouvelles pratiques d’entreprises, nouveaux usages liés au numérique et perspectives liées au data analytics, institutionnalisation de la comptabilité carbone en Europe …).
  • Pour la dimension Entrepreneuriat, les conditions de l’intégration des enjeux du développement durable dans les représentations des dirigeants de PME, dans les pratiques entrepreneuriales (mais également managériales) de ces entreprises et les conséquences de ces pratiques sur la performance. Seront abordés, par exemple, (i) les effets de découplage entre les pratiques environnementales et la communication des PME ; (ii) le rôle des structures d’accompagnement entrepreneurial dans la mise en place de stratégies et pratiques environnementales ; (iii) la logique entrepreneuriale comme explication du niveau d’engagement de pratiques environnementales ; (iv) l’effet de ces pratiques sur le déploiement de capacités dynamiques.
  • Pour la dimension Management stratégique, les stratégies environnementales inter-organisationnelles, qu’elles soient entre concurrents (coopétition) ou avec d’autres partenaires (alliances stratégiques entre non-concurrents), ainsi que les formes de management stratégique environnemental mises en œuvre aussi bien dans les entreprises que dans les dispositifs de gestion territorialisés : conception des stratégies des acteurs spécialisés dans la gestion de l’environnement, nouvelles formes d’évaluation de la performance écologique des dispositifs de gestion et des politiques qui y sont associées, innovations théoriques et pratiques dans le champ des comptabilités pour équiper la prise en charge inter-organisationnelle des systèmes écologiques et développer la recherche en prospective environnementale.
  • Pour la dimension Marketing, les dynamiques de consommation et le rôle du marketing dans l’évolution vers une société du bien-être : nouveaux modes d’influence dans les communautés de consommation ; consommation socialement responsable ; processus de décision du client (le végétalisme, le véganisme, la nutrition, l’obésité/surpoids, constitueront des champs d’application privilégiés).
  • Pour la dimension Ressources Humaines, les relations entre les dynamiques territoriales et l’évolution des systèmes de management : compréhension des formes de dialogue inter-entreprises dans le cadre des Réseaux Territorialisés d’Organisation (RTO) ainsi que des mécanismes de gouvernance dédiés pour identifier les effets induits (RSE, innovations responsables, dynamiques emplois-compétences…) ; santé au travail ; accompagnement des transitions professionnelles, etc.
  • Pour la dimension Systèmes d’Information, les enjeux d’écologie des technologies de l’information, particulièrement les Green IT, abordés à travers une triple approche de l’éthique comme souci de l’autre (par opposition au seul souci de soi), souci de l’ailleurs (par opposition au souci strict des répercussions ici) et souci du plus tard (par opposition à la seule préoccupation du maintenant).

L’objectif de mieux fédérer les chercheurs autour de projets communs pluridisciplinaires et interdisciplinaires se traduira également par l’organisation de manifestations académiques (congrès du RIODD en 2020, par exemple), ou en lien avec les acteurs de terrain (BPIfrance, La Poste, etc.).

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