Groupe « Organisations et dynamiques sociétales »

Présentation

L’organisation désigne un groupe social en interaction, dont la mutualisation de ressources permet de tendre vers des finalités multiples (performance, résilience, pérennité, mais aussi création de sens). Elle fait également référence à une action, un processus organisant (organizing au sens de Weick). S’intéresser à l’organisation c’est donc porter un regard sur le chemin par lequel l’organisation se crée, se transforme et évolue dans le temps.

Les recherches en organisation – organization studies – « examinent la manière dont les individus construisent des structures, des processus, des pratiques et comment à leur tour ces derniers façonnent les relations sociales et contribuent à créer des institutions influençant ces individus » (S. Clegg, J R Bailey, 2008)[1].

Dans le groupe de recherche Organisations, nous portons de l’intérêt aux organisations dans toute leur diversité (privées, publiques, alternatives), selon une dynamique à la fois intra-organisationnelle (notamment sur les questions relatives au travail, aux compétences et à l’innovation) et inter-organisationnelle (depuis les écosystèmes très ancrés territorialement jusqu’aux chaines globales de valeur).

Au-delà des organisations composées d’individus, nous nous intéressons aussi aux méta organisations dont les productions normatives peuvent façonner les comportements sur des champs institutionnels plus étendus.

La portée sociale et sociétale des pratiques de gestion interroge tout particulièrement le groupe, qui s’intéresse aux finalités des organisations et à leur insertion dans des contextes institutionnels et politiques aujourd’hui en forte mutation. Elle fait écho au souhait de produire des connaissances utiles pour les acteurs du management – conçus au sens large comme pouvant inclure une variété de parties prenantes, parfois en appuyant des dispositifs existants, parfois en prenant leur contrepied au profit de modes de management plus innovants et inattendus.

Thèmes structurants

Le groupe de recherche s’intéresse aux dynamiques organisationnelles du point de vue des articulations, équilibres et déséquilibres entre changement et stabilité, pérennité et innovation, ordre social et émancipation, dans une variété de contextes entrepreneuriaux en lien avec les grands enjeux sociétaux contemporains, tels que les nouveaux standards sociaux et environnementaux, les chaines globales de valeur, les organisations alternatives, les politiques de responsabilités sociale des entreprises, la gestion du travail et celle de l’environnement.

L’organisation est appréhendée de manière à la fois multi-scalaire et dynamique, comme un processus social, politique et économique, porteur de cohésion sociale et d’émancipation, mais aussi de violence et de domination…

Les référentiels mobilisés puisent aux théories des organisations, mais aussi à l’organisation des marchés, des industries ou des champs institutionnels, dans une perspective multidisciplinaire et le respect du pluralisme épistémologique des membres du groupe.

Trois thèmes structurent nos champs de recherche :

Celui de la construction des normes techniques, managériales, sociales et environnementales à travers les questions suivantes :

Qui crée les normes ?  Dans quelle mesure les organisations en décident-elles ? Sont-elles instrument d’organisation/stabilisation et d’évolution/transformation ?

Comment s’opère le processus de diffusion et de cristallisation d’une norme ?

Comment devient-elle un instrument de régulation ?

Comment les normes établies évoluent-elles et comment s’opèrent d’éventuels effets de substitution ?

Ces processus s’opèrent-ils selon des modalités distinctes en fonction de la nature des normes considérées, des acteurs qui les portent, ou de leurs finalités ?

Celui de l’harmonie entre pérennité et innovation conduisant aux questionnements :

Comment les compétences, mémoires et pratiques organisationnelles se transmettent-elles au cours du temps ?

Quels rôles jouent-elles dans les processus d’innovation ?

Quelle évolution dans quelle continuité par rapport aux enjeux économiques, sociaux, sociétaux et environnementaux auxquels sont confrontées et dont sont porteuses les organisations ? Existe-t-il des innovations organisationnelles et managériales porteuses de pérennité ?

Enfin celui de la structuration et du déploiement d’organisations alternatives, porteur d’interrogations multiples aux plans tant micro- que macro-organisationnels :

D’une part, quelles sont les tensions observées dans ces organisations qui cherchent à construire de nouveaux équilibres entre dimensions sociales, économiques et environnementales, au sein de leurs modes de production et/ou dans les produits et services offerts ? Comment manager ces tensions afin de produire de la transformation sociétale ? En quoi les dissonances permettent-elles la poursuite d’objectifs multiples ?

D’autre part, comment ces expérimentations organisationnelles et sociales participent-elles de processus contre-hégémoniques plus larges, aptes à générer des changements systémiques ? En contexte de mondialisation et au sein de chaines globales de valeurs, quels rôles jouent les espaces hybrides (Etat/Entreprises/Société civile) pour impulser et soutenir des processus de transformation à visée émancipatrice ?

Le groupe Organisations est adossé au Labex Axe 2 Programme 1 :  Normes, Innovation et Management Responsable

[1] Stewart Clegg, James Russell Bailey, International Encyclopedia of Organization Studies Sage Publications, 2008

Responsable du groupe

Sophie Mignon

Contact

Les travaux du groupe mobilisent les cadres d’analyse des sciences de gestion au service des finalités sociales et environnementales des organisations et des projets de développement, à partir d’un ancrage théorique dans les perspectives critiques en management. Les situations de gestion y sont abordées dans une perspective politique qui fait du pouvoir et de la contestation des clés de lecture essentielles pour comprendre et/ou agir sur la manière dont les pratiques et les dispositifs de gestion promeuvent, ou au contraire, obèrent, la prise en compte des dimensions sociales et/ou environnementales au sein des organisations. Dans ce cadre, la stratégie est entendue, au sens fort, comme l’unité d’analyse principale des actions délibérées d’acteurs – matérielles, relationnelles ou discursives – qui leur permettent d’intervenir dans ces rapports de force, de soulever des controverses ou d’aboutir à des compromis. L’un des traits distinctifs du groupe consiste à aborder les problématiques du management dans des contextes organisationnels variés, à l’interface entre les entreprises, les institutions publiques, les ONG ou d’autres organisations de la société civile.

Management responsable des chaînes globales de valeur (CGV) (Florence Palpacuer)

Considérées comme des formes de globalisation à fort potentiel de croissance économique, les CGV sont de plus en plus questionnées quant aux dynamiques sociales et sociétales sur lesquelles elles se fondent, et quant à leurs effets sur les écosystèmes. Il s’agit ici de produire des analyses multi-acteurs pour identifier autant les points de blocage que les modalités d’action propres à améliorer les conditions sociales et environnementales de leur développement. Les chaînes globales afférentes à l’agroalimentaire, au textile-habillement, et à l’électronique, sont plus particulièrement étudiées.

Stratégies de gestion de l’environnement (Maya Leroy)

L’analyse des stratégies de gestion environnementale se focalise sur les résultats produits par les systèmes de gestion en terme d’efficacité environnementale. Les stratégies de gestion sont appréhendées à partir d’une contextualisation géographique approfondie, d’un décodage des systèmes d’action concret qu’elles produisent, et de l’identification des acteurs susceptibles de porter la question environnementale dans la situation étudiée, en vue de produire des diagnostics et outils utiles à leur action.

Innovation sociale et management des alternatives (Nicolas Balas)

Le concept d’innovation sociale fait l’objet d’une diffusion accélérée dans le monde du management depuis les années 2000, qu’il s’agisse de réformer les pratiques de secteurs à vocation sociale, de promouvoir des organisations alternatives, ou de valoriser la contribution sociétale d’entreprises à finalité économique. Les travaux menés s’intéressent à ces processus de diffusion avec une attention particulière apportée à la co-construction de l’innovation sociale par une variété d’acteurs, et aux enjeux d’articulation entre dimensions économiques et sociétales dans les projets entrepreneuriaux étudiés.

Stratégies de RSE, valeurs et performance (Cédrine Joly)

Cet axe s’intéresse aux stratégies déployées par les entreprises en matière de responsabilité sociale, pour analyser à la fois leurs déterminants, les processus sur lesquels elles s’appuient, et leurs effets aux plans matériel, discursif et organisationnel. Les analyses portent aussi bien sur des stratégies individuelles d’entreprise, en lien avec les acteurs publics et de la société civile, que sur des stratégies collectives, souvent portées à l’échelle d’un territoire en lien avec des objectifs de développement durable.

Restructuration, normalisation culturelle et résistance dans les multinationales (Amélie Seignour)

Les travaux de cet axe s’intéressent aux nouvelles formes de management mises en œuvre dans les grands groupes, en lien avec la transformation de leurs modèles stratégiques et organisationnels. Il s’agit d’analyser l’articulation de dispositifs concurrentiels s’inscrivant dans un mode de management par le marché, avec la forte normalisation culturelle à l’œuvre en tant qu’outil d’acculturation des salariés. Une attention particulière est accordée aux nouvelles stratégies de résistance par lesquelles des salariés et managers locaux contestent les décisions de restructuration ou fermeture de leurs sites pour porter des stratégies alternatives de pérennisation des activités productives et des emplois sur leur territoire.

Membres permanents docteurs du groupe AME

Membres permanents doctorants du groupe AME

  • Bernard Claire, UM – AgroParisTech – (dir. : Florence Palpacuer, co-dir. Maya Leroy)
    Gestion stratégique environnementale dans la structuration de filières durables en Albanie
  • Gaidos, Alexandra, UM – (dir. F. Palpacuer, co-dir Nicolas Balas)
    Les pépinières d’innovation sociale
  • Gauche Agnès, UM – INRA – (dir. : Florence Palpacuer, co-dir. Yuna Chiffoleau)
    Enjeux du développement durable dans les circuits courts agroalimentaires
  • Goundété Cosme, UM – (dir Florence Palpacuer, co-dir Gérald Naro)
    Performance des projets de développement au Bénin
  • Peiro Mickaël, UM – (dir Amélie Seignour, co-dir Nicolas Balas)
    Le management des alternatives : pour de nouvelles pratiques de développement durable
  • Roussey Clara, UM – (dir Florence Palpacuer)
    Enjeux du DD dans la CGV du secteur minier